L’Union nationale des Missions locales souhaite obtenir une augmentation structurelle du budget attribué par l’Etat

Réunie en assemblée générale début juillet, l’Union nationale des Missions locales (UNML) a adopté une motion pour réclamer des moyens pérennes pour les Missions locales. Elle demande « une augmentation structurelle du budget attribué par l’État aux Missions locales et à leurs associations régionales pour prendre en compte l’augmentation du nombre de jeunes accompagnés, l’accroissement de leurs responsabilités et la précarisation de leur situation budgétaire et financière ». En effet, depuis quatre années, les crédits structurels versés par l’État au réseau des Missions locales stagnent, voire diminuent : « En 2010, les crédits attribués au réseau s’élevaient à 179,6 millions d’euros, ils étaient de 179,13 millions en 2011 et 178,8 millions en 2012 et en 2013, dont 4 millions d’euros pour les programmes d’animation régionale », souligne la motion.

« Notre souci est de bénéficier d’une revalorisation à hauteur du coût de la vie et de l’augmentation de la masse salariale, et surtout à hauteur de l’augmentation de notre travail axé sur l’accueil et le suivi des jeunes », a expliqué Jean-Patrick Gille, président de l’UNML [1], au Quotidien de la formation, vendredi 12 juillet. La motion rappelle en effet que « le taux de chômage des 15-24 ans grimpe de 3,4 points sur un an, marquant un nouveau record avec plus d’un jeune actif sur quatre au chômage (25,7 %), soit 730 000 personnes ».


Des financements conjoncturels pour les nouveaux dispositifs

Les Missions locales sont fortement mises à contribution dans le cadre des nouveaux dispositifs pour l’emploi des jeunes comme les emplois d’avenir. À ce sujet, Jean-Patrick Gille a lu, lors de l’assemblée générale de l’UNML, un message du ministre du Travail, Michel Sapin, saluant l’action du réseau qui consiste « à apporter une solution à ceux de nos jeunes qui en ont le plus besoin, notamment les 33 000 jeunes déjà recrutés (au 30 juin 2013) ». « Nous sommes raisonnablement optimistes par rapport à l’objectif à atteindre à la fin de l’année, soit 94 000 emplois d’avenir. Notre réseau est très fortement mobilisé sur ce point », commente Jean-Patrick Gille. Cependant, malgré les moyens prévus pour le déploiement des emplois d’avenir (25 millions d’euros supplémentaires), ou dans le cadre de l’accord national interprofessionnel (ANI) jeunes (30 millions d’euros), et bientôt dans le cadre de la nouvelle « garantie jeunes », « ces responsabilités nouvelles sont accompagnées de financements toujours conjoncturels et donc précaires, conduisant les Missions locales à une gestion complexe de leurs moyens humains et financiers », expose la motion. « Chaque nouveau dispositif inventé crée un nouveau financement non pérenne qui ne sécurise pas les structures puisque, in fine, elles se soucient plus de la dotation à venir que du suivi des jeunes », renchérit le président de l’UNML.

Un Conseil national de l’insertion des jeunes pour réfléchir, coordonner et évaluer

« L’autre sujet porté par l’assemblée générale est une proposition visant à créer un Conseil national de l’insertion des jeunes pour favoriser le développement d’une approche interministérielle et transversale des politiques de jeunesse », fait valoir Jean-Patrick Gille. Lieu d’échanges et de concertation des Missions locales avec les pouvoirs publics, les collectivités territoriales…, « il aurait vocation à engager la réflexion, la coordination et l’évaluation des politiques d’insertion sociale et professionnelle que ce soit celles des Régions, des Départements, des communes et des intercommunalités, des partenaires sociaux et des acteurs associatifs ».

Par ailleurs, « le ministre du Travail a laissé entendre dans sa communication que les Missions locales pourraient assurer un rôle d’accompagnement et d’insertion professionnelle des jeunes diplômés, en lien avec les bureaux d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP) des universités et le réseau de l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (Afij) », annonce Jean-Patrick Gille. « Nous avons entamé les discussions avec le ministère pour voir si nous pouvons nous engager un peu plus dans cet accompagnement. C’est un sujet que l’on découvre. On ne dit pas non mais cela nécessitera une adaptation de notre réseau dans la mesure où le public est différent. »

[1] Député PS d’Indre-et-Loire, Jean-Patrick Gille est rapporteur de la commission des affaires sociales pour l’emploi à l’Assemblée nationale.

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