Annonces Sarkozy sur les Jeunes : des mesures du passé pour une génération « no future » !25 avril 2009
Les annonces du Chef de l’Etat ce matin sur l’Emploi des jeunes constituent pour le Gouvernement, un véritable revirement de sa politique de l’emploi : avec la crise, il est contraint à recourir aux emplois aidés, tant dans le secteur marchand que dans le secteur non-marchand, alors qu’il n’a eu de cesse de dénoncer ces dispositifs. Finalement, il s’agit d’un plan de rattrapage qui risque de ne pas être à la mesure des conséquences de la crise et dont le financement est des plus flou. Pour les jeunes, le sas d’entrée vers l’emploi stable est bouché : l’intérim est en chute libre (- 140 000 postes entre fin 2007 et fin 2008) et les CDD aussi. Avec l’exonération des heures supplémentaires – regrettable spécificité française -, le Gouvernement est allé au bout de l’erreur : cela assèche l’embauche des jeunes. Conjugué à la crise, c’est un véritable coup de grâce porté à l’insertion professionnelle des Jeunes. S’agissant des 200 Millions d’euros d’aide pour les contrats de professionnalisation, je rappelle que dès 2007, le Gouvernement avait diminué de 140 millions d’euros, ce dispositif d’emploi aidé. L’annonce de ce matin est donc un profond revirement. De même pour les 50 000 Contrats initiative Emploi supplémentaires à destination des Jeunes, c’est le même Gouvernement qui en avait supprimé un tiers en 2007 ainsi que le dispositif de soutien à l’Emploi des Jeunes en Entreprises (SEJE). Comme pour les emplois aidés traditionnels, cette pratique de stop and go montre bien l’absence de véritable politique d’emploi de la droite, notamment à destination des jeunes. Pour le député socialiste qui est aussi Président du Centre de Formation des Apprentis de la Ville de Tours, les décisions concernant l’apprentissage relèvent de l’affichage ; en effet les nouveaux objectifs semblent difficile à atteindre. Président de l’école de la deuxième chance Val de Loire, je précise que la seule bonne nouvelle réside dans la reconnaissance du dispositif École de la Deuxième Chance, dont l’État s’engage à financer le développement à hauteur d’un tiers. Toutefois, je regrette l’absence de mesure dédiée aux jeunes issus des quartiers prioritaires. Les mesures du jour vont nécessiter un accompagnement social et professionnel des Jeunes d’une grande ampleur. Or force est de constater que Pôle Emploi – qui rencontre des difficultés à l’heure de ses premiers pas – ne pourra assumer cette activité. Les acteurs de proximité que sont les Missions Locales devraient être des interlocuteurs reconnus et soutenus pour le développement de leurs actions. Le silence de l’État sur ce sujet m’inquiète. Pour citer cet article :
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