Les députés présentent un rapport sur le sort des prématurés

IMG_1206Depuis près d’un an, le sort des bébés prématurés est au centre des préoccupations d’un groupe d’étude parlementaire auquel j’appartiens.
Ce groupe d’étude, dont j’étais vice-président était composé de 52 députés volontaires, en association avec SOS Préma & bébés hospitalisés.

Il vient de rendre ses conclusions sur la prise en charge de la prématurité en  présentant un rapport à l’Assemblée nationale le 15 février dernier.

De la prévention, au suivi des enfants en passant par les soins, les propositions sont le résultat d’une vingtaine d’auditions et de deux tables rondes avec des professionnels de santé et des associations, menées depuis mai 2016.

Le rapport sur la prématurité propose notamment un suivi des enfants nés prématurément jusqu’à l’âge de sept ans. En France, on recense chaque année la naissance de 65 000 nouveau-nés prématurés et environ 2 000 enfants meurent chaque année des suites d’une naissance prématurée.

Notre rapport démontre la nécessité de créer des pratiques et une culture de l’accompagnement de l’enfant et des parents selon trois temps : le pré-natal, le soin à l’hôpital, et le post natal. Il insiste sur l’importance de la formation et de la prévention mais aussi sur le nécessaire développement des réseaux régionaux d’aval (RESV) et d’améliorer l’articulation hôpital / médecine de
ville. Deux idées fortement portées par le professeur Elie Saliba de l’hôpital Clocheville de Tours, que je remercie pour sa participation à nos travaux.

Document final GE prématurité

Principales propositions issues du groupe d’études « prématurité et nouveau nés vulnérables »

La présente liste de recommandations relatives à la prévention et à la prise en charge de la prématurité et de la vulnérabilité des nouveau-nés est issue d’un travail de plusieurs mois, ponctué par une vingtaine d’auditions, deux tables rondes et un déplacement en Suède, en sus de nombreux déplacements sur le terrain. Elle est un résumé d’une liste de premières priorités de politiques publiques en la matière, sans toutefois reprendre de manière exhaustive l’ensemble des améliorations possibles, qui relèvent tout à la fois du domaine législatif, réglementaire ou des bonnes pratiques.
Prévention
- renforcer la prévention par rapport aux facteurs de risque (tabac, alcool, conditions socio-économiques, stress, mais aussi obésité, diabète, âge) ;
- instituer un entretien médical précoce obligatoire aussi informatif que possible sur les risques relatifs à la prématurité ;
- Encourager et faciliter fortement l’allaitement ;

Soins
- encourager les soins du développement et éviter toute séparation entre les parents et le nouveau-né, via notamment une meilleure organisation interne des hôpitaux ;
- instaurer un ratio correct de médecin/patient dans les services de néonatologie ;
- mettre à disposition une puéricultrice en renfort du médecin urgentiste lors du transfert des nouveau nés vers les maternités de type II ;
- renforcer la formation des infirmières dans le domaine de la périnatalité et de la gestion de la prématurité ;
- instituer le concept de HAD néonatale et favoriser son développement, en échange d’un accès privilégié des parents aux services de néonatalogie en cas de complications ;
- généraliser les dossiers informatisés partagés pour limiter les saisies répétées et les risques d’erreur.
Suivi
- s’assurer que les parents puissent disposer des meilleures informations possibles sur l’existence des réseaux de santé périnatale – encourager l’harmonisation des modalités de suivi et de soins entre les RSEV (réseaux de suivi des enfants vulnérables) ;
- repérer les troubles de l’apprentissage le plus tôt possible, via les PMI et les pédiatres, notamment en milieu scolaire
- optimiser les moyens des CAMSP pour faire face à leur notoriété au sein du monde médical et paramédical, et aux délais d’attente subséquents ;
- établir un consensus de prise en charge de la rémunération des interventions en libéral des médecins, des psychomotriciens, des ergothérapeutes et des psychologues, afin de pallier les délais d’attente en CAMSP ;
- lutter contre les différences d’un département à l’autre dans l’accès à l’AJPP (Allocation Journalière de Présence Parentale) ;

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