Fermeture des bureaux de la Poste à Tours: j’interpelle le gouvernement

 

Comme prévu, j’ai interrogé ce matin en séance publique le gouvernement sur l’avenir du service public postal en France et à Tours où la Poste a annoncé 4 fermetures de bureaux et 3 autres à venir. J’ai insisté sur les inquiétudes des habitants, soulevées lors des réunions organisées par La Poste dans les quartiers concernés par les fermetures de bureaux, et l’importance de concerter les élus et les usagers avant toute transformation.

La secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’Innovation, Axelle Lemaire, m’a répondu que le gouvernement veillait attentivement au respect par La Poste de sa mission de service public. Elle a rappelé que le « contrat de présence postale territoriale » qui précise les objectifs pour les trois prochaines années est toujours discuté entre La Poste, l’Etat et les municipalités.

La secrétaire d’Etat a ainsi précisé que la Mairie de Tours avait connaissance depuis mars 2016 des fermetures envisagées contenues dans un document de synthèse qui lui a été remis. Les échanges avec la Mairie avaient même débuté au début de l’année 2016.

Concernant le prochain contrat de présence postale négocié entre l’Etat, la Poste et l’Association des Maires de France,  elle a reconnu qu’il devrait être l’occasion de remettre sur la table la question de l’accord et de la concertation préalable comme c’est déjà la règle en secteur rural.

Enfin,  je me félicite que grâce à la mobilisation des habitants, deux projets de transformation aient déjà été suspendus, ceux de Colbert et Montjoyeux .

 


LA POSTE TOURS: Question au Gouvernement par jpgille

 

Ma question au gouvernement :

Madame la secrétaire d’Etat , alors que la Poste a dégagé un excédent de 635 millions d’euros, je voudrais vous interroger sur l’avenir du service public postal.

En effet, dans plusieurs villes du pays comme dans ma circonscription à Tours, nous avons appris du jour au lendemain dans la presse locale, que La Poste allait fermer quatre agences postales, dans les prochaines semaines, et que trois autres étaient ciblées.

Devant la mobilisation des habitants, La Poste a certes daigné organiser dans chacun de ces quartiers des réunions d’informations, mais tout en précisant aux habitants que la fermeture des bureaux de poste était irréversible. Étrange façon de concerter les usagers !

Bien sûr, les représentants de La Poste que je rencontre avec les habitants ne parlent pas de fermeture mais de transformation en relais de poste. Mais les Français ne se laissent pas abuser par ces éléments de langage. Lors de ces réunions publiques, les habitants soulèvent des problèmes simples que La Poste n’a pas toujours anticipés.

En transférant par exemple un bureau de poste dans un bar-tabac, comment garantir l’accès aux personnes handicapées ? Peut-on envoyer ses enfants et petits-enfants dans un bar-tabac ? Que faire quand le buraliste part en vacances ? Quid des retraits par procuration ? A quoi s’ajoute la disparition de distributeur automatique de billets parfois au mépris du bon sens.

Madame la secrétaire d’Etat, les Français sont attachés à La Poste comme à leurs services publics. Dans un village comme en centre-ville, un bureau de poste, c’est comme une mairie, c’est comme une école, c’est un patrimoine qui appartient à tous les français et ce patrimoine en commun s’appelle tout simplement la République.

Madame la secrétaire d’Etat, si nous comprenons la nécessité pour La Poste de s’adapter aux évolutions dues à Internet et à un marché concurrentiel depuis son changement de statut en 2010 par le gouvernement de François Fillon, nous ne pouvons accepter que cette modernisation se fasse au détriment des usagers, en particulier les plus fragiles, transformés en clients et consommateurs.

Aussi, Madame la secrétaire d’Etat, ne pourrait-on pas inscrire dans le contrat de présence postale, comme c’est le cas aujourd’hui pour les zones rurales, l’obligation d’une concertation préalable avec la municipalité et avec les habitants concernés, avant toute opération de transformation d’un bureau de poste ; et dans l’attente, demander à La Poste de suspendre son offensive de réduction par deux des bureaux de poste dans les villes ?

Réponse de Mme Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du numérique et de l’innovation:

Monsieur le député, la loi du 2 juillet 1990 prévoit que le réseau de La Poste doit compter au moins 17 000 points de contact sur le territoire et que 90 % de la population de chaque département doit être éloignée de moins de cinq kilomètres et de moins de vingt minutes de trajet automobile des points de contact de La Poste les plus proches. Le Gouvernement veille attentivement au respect par La Poste de ces obligations légales. Dans cette phase de transformation numérique que traverse un groupe comme La Poste, il est attentif à ce que soient trouvées des solutions équilibrées permettant de pérenniser la présence postale sur l’ensemble du territoire.Cela repose sur trois exigences.
Tout d’abord, La Poste doit pouvoir faire évoluer son réseau, dans le respect de la loi, car elle n’a pas d’autre choix face à la décroissance objective du volume du courrier, en baisse de 6 % par an, et à la diminution très réelle de la fréquentation des bureaux de poste. En effet, nos concitoyens envoient de moins en moins de courrier et réalisent de plus en plus de démarches par internet. C’est d’ailleurs le souhait qu’ils expriment le plus généralement.

Par ailleurs, l’évolution du réseau doit se faire au bénéfice des usagers, en adaptant les points de contact à l’évolution des modes de vie et de consommation des clients.

L’État et La Poste ont conclu un partenariat pour ouvrir 500 maisons de services au public dans les bureaux de poste en zone rurale et de montagne d’ici la fin de cette année. Dans un point d’accès unique, les usagers auront ainsi accès à toute une palette de services publics : outre les services postaux et bancaires, ils pourront solliciter des représentants de Pôle Emploi par exemple.

Dans les zones urbaines comme dans votre ville de Tours, la transformation de points de contact en « relais poste urbains », ouverts par exemple dans des supermarchés, permet aux usagers de bénéficier d’horaires d’ouverture élargis. C’est le cas pour les deux points de contact déjà transformés à Tours : le relais poste urbain de Sainte-Radegonde est ouvert soixante-treize heures et trente minutes par semaine, contre vingt-sept heures en moyenne pour un bureau de poste, et celui de Rochepinard est ouvert cinquante heures par semaine, contre douze heures pour l’ancien bureau de poste.

La Poste met en œuvre des solutions concrètes, en lien avec l’État et les maires, pour pérenniser la présence postale territoriale en dépit de la situation économique dont je vous ai parlé.

Enfin, le Gouvernement est attaché à ce que ces évolutions se construisent dans le dialogue et en concertation avec les municipalités concernées. À ce titre, vos demandes sont tout à fait légitimes : les élus locaux ont un rôle central à jouer, avec La Poste, dans les évolutions en cours. C’est pourquoi, avant toute évolution en zone urbaine, La Poste partage avec les communes un dossier de synthèse des évolutions envisagées et conduit un dialogue avec elles. C’est ce qui a été fait à Tours, où les échanges avec la mairie ont commencé dès le début de cette année. Les dossiers de synthèse ont été remis en mars dernier. Ce dialogue doit naturellement être poursuivi et approfondi avant toute nouvelle évolution de points de contact à Tours.

Pour conclure, monsieur le député, le prochain contrat de présence postale, en cours de discussion entre l’État, La Poste et l’Association des maires de France, sera l’occasion de poser cette question sur la table et de rappeler la nécessité d’une concertation préalable, en bonne intelligence, entre La Poste et les municipalités concernées. Le Gouvernement vous est redevable d’avoir souligné l’importance de cette question.

 

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