Opcalia lance des « masters classes » pour faire de l’alternance une « voie d’excellence vers l’emploi »

aef.infoPar Christophe Marty
Publié par AEF http://www.aef.info/depeche/6b08bd23-7375-4ab4-99b2-df449780655d/67459/eae524429916ebc51d1cb28bbcb580aa

« Instaurer un mode de coopération dynamique et durable entre tous les acteurs de l’alternance (apprentissage et professionnalisation) à l’échelon régional. » Tel est l’objectif des « masters classes de l’alternance » qu’Opcalia vient d’initier à Blois (Loir-et-Cher), le 17 septembre 2015. À cette occasion, Jean-Patrick Gille, député PS d’Indre-et-Loire et rapporteur de la loi du 5 mars 2014, a plaidé pour une « organisation qualifiante du travail », appelant les entreprises à avoir « une réflexion sur l’accueil » des alternants. Ces « Masters Classes » devraient se poursuivre à compter du début de l’année 2016 dans la plupart des régions et donner lieu à une publication qui mettra en lumière les bonnes pratiques et propositions exposées lors des différentes étapes.

« Pour faire de l’alternance une voie d’excellence vers l’emploi, nous devons mettre en commun les moyens et les bonnes volontés. Un impératif si nous voulons lutter durablement contre le chômage des jeunes. C’est notre conviction et notre ligne d’action pour les mois à venir », indique le président d’Opcalia, Patrice Lombard (Medef), pour présenter l’objectif poursuivi par l’Opca interprofessionnel au travers des « masters classes de l’alternance » dont la première étape vient de se dérouler, jeudi 17 septembre 2015 à Blois (Loir-et-Cher). À cette occasion, des échanges ont été organisés entre différents acteurs et décideurs de l’alternance pour faire émerger des pistes pour développer le recours à l’alternance.

Partenariat Opcalia-Face

 

À l’occasion des débats, plusieurs intervenants ont indiqué qu’Opcalia allait signer un partenariat avec la Face (Fondation agir contre l’exclusion) pour intégrer la Fipa (fondation interentreprises « innovations pour les apprentissages »), placée sous l’égide de cette dernière. La Fipa a été créée dans le cadre de la mission d’ »ambassadeur de l’apprentissage » confiée à Gérard Mestrallet par François Rebsamen (lire sur AEF). Ce partenariat doit encore être soumis à la validation du conseil d’administration de l’Opca interprofessionnel qui se tiendra mi-octobre.

Ces masters classes reprendront début 2016 et devraient être organisées dans toutes les régions. Opcalia devrait en tirer un document recensant les bonnes pratiques et principales propositions exprimées lors des réunions.

Rôle de l’action territoriale

L’Opca interprofessionnel veut mobiliser les acteurs territoriaux, ce qui, lors de la réunion de Blois, a trouvé un écho favorable auprès des représentants du Crefop de la région Centre. Isabelle Gaudron, vice-présidente du conseil régional Centre-Val de Loire en charge de l’apprentissage, l’insertion, la formation professionnelle et la formation tout au long de la vie, a ainsi souligné le positionnement « très moderne » de ces instances créées par la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle et qui « cherchent à obtenir le consensus entre les acteurs ».

Au-delà de cet aspect, l’élue, également en charge du dossier de l’apprentissage au sein de l’ARF (Association des régions de France) a estimé que les futures COM signées sur ces questions d’alternance devraient comporter « des axes sur les formations innovantes ».

Une « organisation qualifiante du travail »

Jean-Patrick Gille, député PS d’Indre-et-Loire et rapporteur de la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle, a pour sa part souligné que « tout n’est pas à inventer » pour développer le recours à l’apprentissage. « Il existe des traditions de l’apprentissage dans certaines régions, certaines branches, certaines entreprises. Dans ces cas, la place de l’apprenti est prévue », ce qui explique que cela fonctionne. De fait, il a ensuite plaidé en faveur d’une « organisation qualifiante du travail », appelant les entreprises à avoir « une réflexion sur l’accueil » des alternants pour bien prendre en compte le fait que ces derniers viennent dans l’entreprise pour « travailler mais aussi pour apprendre ». Aujourd’hui, cette prise en compte et cet accompagnement des apprentis se font, « mais trop souvent de manière implicite » regrette-t-il.

Par ailleurs, et alors que le parti « Les Républicains » vient de proposer d’abaisser à 14 ans l’âge d’entrée en apprentissage (lire sur AEF), le député socialiste a profité de la tribune pour réaffirmer qu’il n’était « pas du tout en faveur » de cette réforme qui n’est, selon lui, « pas la solution pour faire du chiffre ». « Pour entrer dans une formation en alternance, il faut de l’autonomie », ce qui est loin d’être toujours le cas à 14 ans. Il estime par ailleurs que « les représentations des employeurs [vis-à-vis de l’apprentissage] ont changé » et qu’il n’est plus forcément besoin de leur proposer des solutions du type « apprentissage à 14 ans ». De même, il constate que « le système des primes ne répond pas à toutes les questions » et ne génère plus forcément des embauches en apprentissage. « Peut-être les entreprises ont-elles compris que l’apprentissage est un investissement », espère-t-il.

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