Pourquoi je ne voterai pas en l’état ce plan de 50 milliards d’euros d’économies

Pourquoi je ne voterai pas en l’état ce plan de 50 milliards d’euros d’économies.

Depuis longtemps, je suis préoccupé par les déficits publics de notre pays et la dette qui en découle. Il faut rappeler qu’avant que ne survienne la crise de 2008, c’est la droite qui a fait le choix de s’émanciper du critère du 3 % en menant des baisses d’impôts pour les plus riches à crédit, tandis que, au début des années 2000, le bilan de la gauche fut d’avoir rétabli les comptes sociaux.

Depuis son retour au pouvoir, la gauche a courageusement entrepris ce travail de redressement des comptes publics, d’autant plus difficile que la croissance est atone, que l’inflation est faible et que le taux de prélèvements obligatoires a atteint les limites du consentement à l’impôt.

Cette politique a permis au gouvernement de sortir de la tourmente financière et du chantage sur les taux d’intérêt mais a été durement sanctionnée dans les urnes aux municipales.

Il est donc incontournable de procéder à des économies tout en veillant à ne pas étouffer le frémissement de la croissance.

Pour autant, le plan proposé ne répond pas à ce double objectif, bien au contraire.

Les 50 milliards d’économies envisagées viennent simplement couvrir les exonérations promises aux entreprises pour les deux ans à venir en espérant qu’en retour elles embauchent, ce qui n’est nullement garanti.

Si le plan d’économies protège les bénéficiaires des minimas sociaux, le gel du traitement des fonctionnaires et le gel des allocations familiales et des aides au logement pénalisent essentiellement les actifs aux revenus modestes et, disons le clairement, la base sociale que nous sommes censés représenter.

Si on ajoute le gel des pensions de retraite et la baisse des dotations aux collectivités locales, on peut mesurer le caractère récessif de la démarche.

Chacun s’accorde à reconnaître qu’un tel remède va coûter un point de croissance, c’est-à-dire aussi 10 milliards de recettes en moins pour les comptes publics.

Si la reprise de l’emploi n’est pas au rendez vous, cet effort colossal n’aura été fait pour rien, si ce n’est à affaiblir le pays et son système social qui nous a protégé de la crise. Il revient en fait à faire financer le déficit de l’État par des ponctions sur les comptes sociaux supérieures à leur déficit, ce qui avouons-le est un comble pour un gouvernement de gauche.

 

Il serait plus simple et plus efficace de faire quelques milliards d’économies immédiates sur le budget de l’État, de stabiliser sa masse salariale, et de revenir le plus vite possible à l’équilibre des comptes sociaux.

Comment y parvenir?

>En ce qui concerne le budget de l’État, on devrait améliorer la lutte contre l’évasion fiscale évaluée entre 40 et 60 milliards d’euros et la fraude aux cotisations patronales de l’ordre de 15 milliards d’euros.>Nous pourrions sortir de la politique de dissuasion nucléaire dangereuse et inutile.>Pour les comptes sociaux, nous pourrions faire l’effort collectif exceptionnel d’un gel des allocations et des retraites pour 2014 mais ensuite se contenter d’une désindexation des retraites par rapport à l’inflation. Le mieux serait de reprendre la formule qui serait la plus juste à savoir soumettre les retraites au même barème de CSG que les actifs, sachant que notre pays y consacre beaucoup plus d’argent que les autres (2 points de PIB en plus).

 

L’austérité envisagée n’est pas la réponse à nos difficultés, la solution passe d’abord par une réorientation de la politique économique de l’Europe :

- une dévaluation de l’euro,
- un plan de relance pour l’emploi,
- une inflation à 2 %.

C’est tout le sens de la campagne pour les élections européennes que nous devons mener afin qu’une majorité progressiste émerge au parlement européen qui pour la première fois décidera du président de la Commission européenne pour succéder au catastrophique Barroso !

Si la trajectoire de réduction des déficits est souhaitable, elle doit être soutenable et ne pénaliser ni la reprise de l’activité ni les actifs notamment ceux à revenus faibles ou moyens et encore moins la jeunesse et les générations futures qui doivent demeurer notre priorité !

Un commentaire

  1. bonjour.Comment faites vous pour empêcher les délocalisations alors que tous les gens qui ont un pouvoir d’achat faible sont les premier à faire la fortune de ces gens là.Tous le monde veut être payé très cher mais ne pas payer cher ce qu’ils achètent alors on ne sortira jamais de cette spirale si on ne boycotte pas tous les produits de ces usines délocalisées.A méditer!

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