Apprentissage: l’Etat veut faire du chiffre au détriment du travail de qualité engagé par les Régions

Mercredi 15 juin, l’Assemblée nationale débutera l’examen de la proposition de loi UMP sur l’apprentissage.
Il s’agit d’un texte en apparence anodin puisque les principaux sujets ont été traités ailleurs : la prime dans le PLFRSS, le bonus/malus dans le PLFR et les autres mesures par décrets.

Jean-Patrick GILLE considère que les mesures figurant dans cette proposition de loi constituent un dévoiement de l’apprentissage.
Il déplore l’ouverture de l’apprentissage aux employeurs saisonniers et de l’Intérim, l’apprentissage à 15 ans – voire à 14 ans – et la possibilité d’enchaîner les contrats de professionnalisation.

Soit autant de mesures, répondant à des attentes d’une partie du patronat, qui remettent en cause la démarche de qualité engagée depuis des années, notamment par les Régions, pour revaloriser l’image de l’apprentissage.

Quels sont finalement les objectifs de la proposition de loi ?

- Faire du chiffre mais au détriment du travail de qualité engagé depuis des années par les régions.

- Transférer les jeunes des lycées professionnels vers les CFA, soit un transfert de l’Etat vers les régions. Régions qui sont les grandes absentes de ce texte alors qu’elles assurent une grande partie du financement de l’apprentissage. Ainsi atteindre 600 000 apprentis coûtera 1 milliard d’euros
supplémentaire alors que les mesures fiscales adoptées dans le PLFR n’apportent que 70 millions d’euros.

De même, le député d’Indre-et-Loire regrette les dispositions relatives aux groupements d’employeurs que contient cette proposition de loi. En supprimant les verrous qui les encadraient, c’est la nature même de ces structures qui change pour devenir une forme d’« interim low cost » accélérant l’externalisation de la main d’oeuvre.

Ce texte organise ni plus ni moins l’allègement de la réglementation concernant l’alternance et les groupements d’employeurs. Il s’agit d’une démarche essentiellement comptable et électoraliste qui vise à dégonfler à court terme les chiffres du chômage au prix d’une augmentation de la précarité et du sous-emploi.

Enfin, si Jean-Patrick Gille est favorable à l’objectif de développement de l’apprentissage, il considère qu’il nécessite une réforme de son financement et de réaffirmer la compétence des Régions qui ont su avec succès investir dans la qualité.

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